FUQ – Frequently Unanswered Questions*

(*des questions fréquemment laissées sans réponses)

Communa, ça veut dire quoi ?

Le nom fait référence au mouvement des Comuna okupas et aux kibboutz urbains, au concept des commons et plus globalement à la notion de communauté. Tous ont pour point commun de miser sur la mutualisation des ressources et la gestion collective pour envisager d’autres manières de s’organiser et de vivre ensemble.

Et on prononce comment ?

À la base on prononçait [kɔmuna], mais tu peux aussi dire [kɔmyna]. En fait, c’est un peu comme tu veux !

Qui sont les occupant.e.s des lieux Communa ?

On y trouve des habitats groupés, du logement pour des personnes qui étaient sans-abri, des porteurs et porteuses de projets artistiques, sociaux,  culturels, d’économie sociale, d’économie circulaire… Bref, plein de profils différents et souvent complémentaires !

Comment ces personnes et projets sont-ils sélectionnées ?

La plupart du temps,  la sélection se fait par un processus participatif impliquant un.e voisin.e, une personne représentant une association du quartier, un.e occupant.e d’un autre lieu Communa et un membre de l’équipage Communa. Ces personnes sont tiré.e.s au sort et, ensemble, elles défrichent les projets qui ont répondu à un appel à projets qui a été élaboré sur base de rencontres faites au préalable avec le voisinage.
Selon les lieux, d’autres procédures peuvent néanmoins être mises en place, mais des personnes qui connaissant le quartier concerné sont toujours impliquées dans la conception d’un projet.

Du coup, sur base de  quels critères ces projets et personnes sont choisi.e.s ?

  • La concordance entre le projet et les besoins du quartier
  • Le respect des piliers Communa (voir sur la page Écosysteme)
  • La volonté de participer activement à la création d’un Commun dans le lieu

C’est quoi la contribution libre et consciente ?

Chez Communa, on pense que tout le monde a droit à un espace décent et abordable. Et on a aussi envie que les occupations soient autonomes financièrement. C’est pour ça qu’on a recours à la contribution libre et consciente : sur base d’un prix suggéré, les occupant.e.s fixent les montants de leurs contributions mensuelles. De cette manière, les personnes qui ont plus payent plus, celles qui ont moins paient moins et ensemble elles couvrent les frais liés à une occupation (réhabilitation du lieu, charges mensuelles et fond de roulement qui permet l’activation de nouvelles occupations temporaires).

Ces contributions financent-elles l’entièreté de la structure ?

Non, Communa fonctionne selon un modèle économique hybride :

  • Les contributions servent à couvrir les frais liés aux différents lieux
  • Parfois, des propriétaires participent aussi à ces frais
  • Les soutiens et subventions de pouvoirs publiques et de fondations d’utilité publique permettent de rémunérer partiellement les personnes qui portent le projet au quotidien.
  • Les revenus des événements organisés par Communa contribuent également aux frais de fonctionnement de l’association.

Quelle est la forme  juridique de Communa ?

C’est une ASBL. Il n’y a donc ni profit, ni dividende, ni investisseur. L’association ne poursuit pas d’autre but que celui d’avoir un impact positif sur la ville au travers de l’usage des bâtiments vides.

Une ASBL qui fait du squat donc ?

Non, Communa fait de l’occupation temporaire. À la différence du squat, on signe une convention d’occupation temporaire. C’est un outil juridique qui nous permet de temporairement prendre la gestion de biens vacants. Dans cette convention sont notamment définis la période d’occupation du bâtiment et la durée du préavis. Bref, c’est une autre stratégie pour favoriser l’usage des nombreux bâtiments laissés vides et de permettre qu’ils aient une véritable utilité sociale.

Mais quel est l’intérêt pour les propriétaires ?

La période d’inoccupation peut représenter des coûts importants : travaux d’entretien nécessaires suite aux dégradations naturelles, sécurisation des accès, assurances, taxes communales et amende régionale sur l’inoccupation. Sans compter le temps de gestion lié au paiement des factures, au suivi administratif et aux potentiels litiges avec le voisinage. Communa permet donc aux propriétaires publics et privés de compresser leurs coûts et de déléguer ce travail de gestion, tout en soutenant des projets à impact sociétal positifs dont les dynamiques peuvent être transposés dans les usages futurs.

Une occupation temporaire, ça dure combien de temps ?  

Ça varie à chaque fois ! En moyenne, Communa signe des conventions d’occupation pour une durée de deux ans et demi, mais certains projets peuvent durer jusqu’à cinq ans voir plus.

Avec des durées aussi courtes, Communa ne précarise-t-elle pas ses habitant.e.s ?

Communa, comme d’autres ASBL sur le terrain, s’impose un cadre éthique rigoureux et milite pour que l’occupation temporaire soit véritablement protectrice des droits des occupant.e.s et porteuse d’une finalité sociale. Des préavis de départ suffisamment longs, une remise des lieux aux normes SSE, l’inclusion de tous les publics ainsi que le caractère non-lucratif de notre association font partie des éléments qui permettent de garantir l’impact positif de nos pratiques.

Vous êtes une ASBL, mais d’autres structures dans ce secteur ont bel et bien pour but de faire du profit… Quelle est votre position vis-à-vis de ces entreprises ?

Ces dernières années, l’occupation temporaire s’est répandue et on a en effet vu émerger des sociétés orientées vers le profit qui dénaturent l’urbanisme transitoire pour  le réduire à un marché. Sans autre finalité que la maximisation de leur profit, ces entreprises ont mis en place des pratiques souvent douteuses : exclusion des publics les plus précaires, durées de préavis extrêmement courtes, inspections fréquentes et intrusives dans les logements… Ces entreprises ont réduit les droits des occupant.e.s à peau de chagrin, créant ainsi une sous-catégorie d’habitant.e.s

Communa se positionne en alternative constructive et réaliste à ces pratiques “ubérisantes” et favorise l’émergence “d’occupations temporaires créatives et à finalité sociale”.

Cette vague d’urbanisme transitoire ne contribue-t-elle pas à la gentrification de différents quartiers ?

Nous sommes conscient.e.s que des dynamiques perçues comme positives dans un premier temps peuvent, dans certaines situations, déboucher sur des conséquences néfastes sur des temps plus longs, notamment en accélérant les processus d’augmentation des loyers dans les quartiers populaires. Communa s’applique donc à ce que les occupations servent aux associations de quartier et aux voisin.e.s en premiers. Les contours de nos lieux sont autant que possible dessinés avec ces dernier.e.s, afin que les projets déployés dans les espaces soient en phase avec les envies et les besoins locaux.

S’il est certain que les occupations temporaires doivent s’inscrire dans une optique très locale, il faut également relativiser leur impact sur le phénomène de gentrification. En effet, les questions liées à l’augmentation des loyers ne seront pas résolues uniquement par une pratique positive de l’occupation temporaire. C’est avant tout aux autorités publiques de jouer leur rôle, notamment au niveau de la mise en place de dispositifs de contrôle et de régulation efficaces : maîtrise du foncier, plafonnement des loyers, quotas de logements sociaux, soutien à la vie associative et aux commerces indépendants, financement d’initiatives anti-spéculatives type Community Land Trust, etc.

Il y a des projets Communa sur plusieurs communes bruxelloises, vous voulez occuper tous les bâtiments vides de la ville ou quoi ?!

Alors là, vraiment pas ! Autant le fait de coordonner plusieurs occupations simultanément permet de construire un petit écosystème porteur d’alternatives, autant l’idée que l’occupation de tous les espaces vides de la ville soient gérés par un seul acteur nous semble être une très, très mauvaise idée. Plusieurs raisons nous amènent à prendre cette position : risque de bureaucratisation de la pratique, instrumentalisation de la structure, responsabilité écrasante sur un seul opérateur… C‘est au contraire la diversité des initiatives qui permet de penser de manière critique, d’échanger et d’enrichir la pratique pour faire en sorte que l’urbanisme transitoire participe réellement à la construction de la ville. À condition de conserver une véritable finalité sociale !

Et si on a envie de se greffer à votre initiative ?  ‘Paraît que vous avez une gouvernance agile et participative.

Dans l’écosystème Communa, il faut distinguer deux systèmes de gouvernance. Il y a la gouvernance interne à chaque occupation, qui est directement définie par la communauté d’occupant.e.s. Puis il y a la gouvernance de Communa en tant que structure. Basée sur la sociocratie, cette gouvernance est agile et participative dans le sens où elle propose un cadre assez clair que pour qu’on s’y retrouve tous et toutes, mais assez flexible que pour laisser place à la créativité et l’implication spontanée dans le projet. Tout un.e chacun.e peut s’investir dans le travail d’un des pôles de l’association et au bout de trois mois de participation continue et enthousiaste, toute personne peut rejoindre l’équipage de manière plus formelle.

Concrètement quelles portes d’entrée pour les différents pôles ?

  1. Tu peux remplir ce formulaire pour te tenir au courant des prochaines rencontres organisées pour les volontaires.
  2. Tu peux t’abonner à notre page facebook où l’on annonce les apéros pour volontaires qui ont lieu environ une fois par mois.
  3. Tu peux venir à des événements, sentir l’ambiance et nous rencontrer directement.
  4. Et tu peux aussi écrire à tribu@communa.be pour nous faire part de ton enthousiasme !

On est content.e.s d’avoir de l’aide de tout le monde !

Habitant.e.s, occupant.e.s… pourquoi écrivez-vous en inclusif ?

Comme beaucoup de composantes de notre société, la langue française incarne un ancien monde.  De nombreux indices y laissent entrapercevoir les inégalités qui persistent entre les hommes et les femmes. L’écriture inclusive permet non seulement de féminiser des fonctions et statuts (qui ne sont plus uniquement assumés par des hommes), mais aussi de remettre en cause la règle selon laquelle « le masculin l’emporte sur le féminin ». Un choix non pas grammatical, mais purement politique établi au 17-18ème siècle et qui n’a pas de raison d’être.

Persuadé.e.s que le langage véhicule des pensées et influence nos manières de voir le monde, nous optons donc pour cette écriture plus inclusive et équitable pour l’ensemble de nos communications.

Mis à part le langage, on dirait que vous voulez changer le monde par les “Communs”. C’est quoi ce concept dont vous parlez tout le temps ?

Les communs sont “des ressources gérées collectivement par une communauté selon une forme de gouvernance et des règles définies par elle-même”. Ces ressources peuvent être naturelles (forêts, rivières), matérielles (machines, outils, bâtiments) et même immatérielles (logiciels, connaissance). La théorie des Communs est intéressante en ce qu’elle permet de sortir de la logique binaire Etat/Marché et public/privé en proposant une « troisième voie ». Elle réunit sous une même bannière à la fois un mouvement à l’échelle mondiale recouvrant des initiatives très variées et crée une communauté de pratiques concrètes, collectives et locales. Pour y voir plus clair grâce à l’exemple du frigo collectif : c’est par ici.

Donc en fait, Communa c’est pas seulement une agence immobilière du vide ?

C’est clair que non : la volonté de Communa dépasse de très loin la simple mise à disposition d’espaces. Tout d’abord parce que nous nous efforçons d’y créer ces Communs. Repris à notre sauce, ça donne des espaces gérés par la communauté d’occupant.e.s selon un mode de gouvernance choisi par elle, avec la volonté de développer des synergies et de s’ancrer dans leur environnement.

Ensuite, parce les différents espaces sont vus comme des “laboratoires de pratiques citoyennes” : des lieux qui grouillent de projets à impact sociétal positif, où de nouvelles manières de faire sont expérimentées. Nous souhaitons aider ces initiatives qui esquissent la transition à Bruxelles, en lien évidemment avec d’autres acteurs et actrices de la ville.

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